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Museum für Film und Fernsehen, Potsdamer Platz

avril 6, 2008

Me voici à Potsdamer Platz, quartier si l’on ose dire, une partie de la ville ne vivant à ce qu’il me semble que par le passage des touristes. Je me rends à la Philharmonie, étrange ensemble architectural rassemblant deux bâtiments qui ressemblent vaguement à des chapiteaux d’un blanc cassé. Après y avoir acheté des tickets pour un spectacle de tango, je flâne et passe le long du musée du Cinéma et de la Télévision, m’y arrête malgré l’influence marketing que déploie la vitrine de la boutique du musée. L’énorme bâtiment qui abrite aussi l’un des plus gros cinémas de Berlin me happe dans son ascenseur de verre, d’où je vois les touristes et Berlinois s’amonceler sur l’espace laissé vide entre plusieurs buildings semblables. L’exposition permanente retrace l’histoire du cinéma allemand de la fin du XIXe à nos jours. Une exposition spéciale s’intéresse aux films d’opérette. Après un contrôle rapide de mes billets par un employé noir et baraqué, je rentre dans les salles et envahie d’airs insouciants, sifflote, sautille au son des opérettes. Puis je me glisse dans un petit carré sombre où l’écran retransmet devant moi des extraits de films. Nous sommes à la station Wallsteiner Platz, une station qui n’existe plus ou dont le nom doit avoir changé, les employés du U-Bahn informent les voyageurs du terminus en manipulant des pancartes de fer qu’ils tirent ou poussent comme des tiroirs. Une jeune femme au teint pâle mais à l’air jovial arrive sur le quai, et discute avec le préposé aux pancartes. Un certain quiproquo s’installe entre les deux, l’homme lui répond sans lui jeter un regard puis, soudain, tourne la tête. Gêné par la beauté de la voyageuse, il essaie malgré tout de la séduire et tente quelques paroles plus assurées. Soudain, la voix de l’acteur est doublée par une autre. Recroquevillée dans mon coin d’ombre, j’écoute puis je m’étire et jette un regard discret vers l’entrée de la petite salle. Oui, c’est bien le gardien du musée. Sa voix grave reprend, puis même anticipe d’un ton théâtral les paroles du personnage. Sous sa carapace et son air de gardien de banque, sa sensibilité m’effleure. Le dialogue amoureux s’achevant, il retourne vers l’entrée de la section, je poursuis plus tard ma visite, tous deux un air commun en tête.